Toute jeune j'avais déja cette faculté d'être avec l'invisible, de m'y déplacer. Je passais de très bons moments avec les amis du jardin. Puis un soir d'orage, j'ai été percutée par cette obscurité. Mon corps se souvient encore des ces bouches édentées, suçant mon cou d'enfant de 5 ans. Cette sensation de bave, de mon jeune corps immobile, paralysé. Aucun son ne sortait de mes cris. Là j'ai commencé à apprendre. J'ai commencé à sentir avant de voir le réel, à ressentir avant de subir, à utiliser mes perceptions comme un langage de survie. Il n'y avait pas que des amis. Non pour fuir, mais pour traverser. Pour éviter le laid, le moche, l'intrus. Pour rester entière.
Ce que certains appellent un "don" est né d'une profonde nécessité : comprendre, discerner, poser des limites entre les mondes. Mon travail s'ancre là : connaissance intime de l'invisible, des différentes dimensions et d'y circuler en conscience, avec respect et en toute sécurité. Lots des séances, je deviens la voix des guides et alliés.
